HISTOIRE DU KARATE

L'hisorique du karaté se réfère à deux voies et trois localités. Cet art de combat était pratiqué selon deux styles dénommés Shorin et Shorei. Ces termes seraient en fait une déformation du mot chinois « Shaolin ». Le style Shorin-ryu mettait l’accent sur la souplesse et la vitesse ; le style Shorei-ryu accordait une importance particulière à la puissance musculaire. Par ailleurs, la pratique du « te » (art de combat) était rattachée à trois localités : Shuri, Tomari et Naha. Il est important de savoir que ces trois lieus ne sont distants que de quelques kilomètres (l’île d’Okinawa fait environ 80 km de long). Le Naha-te était associé au Shorei-ryu, le Shuri-te et le Tomari-te au Shorin-ryu. Le Tomari-te mettait plus l’accent sur les techniques de jambes. L’introduction à Okinawa de ces arts de combats s’est faite par le biais des échanges commerciaux importants s’effectuant avec la chine. Les historiens la situent vers le XVII ème ou le XVIII ème siècle. Bien que le Karaté-Do soit toujours présenté comme un art martial japonais, son origine est surtout okinawaïenne où il a trouvé un terrain propice à son développement. En effet, Okinawa, île principale de l’ archipel des Ryū-kyū située au sud ouest du Japon et au nord-est de l’île de Taïwan, est un territoire particulièrement riche sur le plan martial. De plus, l’influence de la Chine, proche sur un plan géographique, a incontestablement influencé le style de combat local. Il est certain que les échanges commerciaux entre les Ryū-kyū et son (ses) puissant(s) voisin(s) ont permis de faire circuler des techniques et des concepts martiaux particulièrement étudiés. Malgré tout, les habitants d’Okinawa ont su assimiler les techniques provenant de l’extérieur avec leur propre vision du combat et mettre au point un style efficace et aux multiples facettes. Avant d’aller plus loin, il est important de savoir que les Îles Ryükyü ont, au cours de leur histoire, souvent été des régions indépendantes mais toujours convoitées par leurs voisins. Leur importance pour le trafic maritime en Asie de l’Est a fait de ces îles des royaumes riches qui, à plusieurs reprises au fil des siècles, ont été dans l’obligation de combattre afin de préserver leur indépendance (et également, d’organiser la résistance quand la victoire n’était pas possible). Par conséquent, aussi bien la Chine que le Japon ont pris possession de ces îles afin d’étendre leur domination sur ce secteur et profiter de leurs richesses (toujours la même histoire, quelque soit l’endroit). Ce n’est qu’en 1872 que le royaume des Ryūkyū s’est officiellement rattaché au Japon et, en 1879, est devenu une préfecture administrative. Malgré tout, encore aujourd’hui, les habitants d’Okinawa revendiquent leurs différences culturelles avec le Japon et se définissent comme un mélange de cultures chinoises et japonaises. Quand l’Okinawa-te est devenu karaté d'Okinawa au Japon Après avoir été importé de Chine, le karaté a été développé et perfectionné à Okinawa. Les plus grands experts de la fin du XIXe siècle et du début du XXe dont Hanashiro Chomo, Chotoku Kyan, Azato Yasutsune (le premier maître de Funakoshi), Kentsu Yabu, Ankō Itosu (le second maître de Funakoshi), Chibana Shōshin (l'un des condisciples de Funakoshi), Gichin Funakoshi, Kanryō Higaonna, Chōjun Miyagi (disciple du précédent), Kenwa Mabuni (autre condisciple de Funakoshi), ... sont tous originaires d’Okinawa. À part Kanryō Higaonna, et Chōjun Miyagi son disciple et successeur, tous les autres, sans exception, sont des disciples, directs ou indirects de Sokon Matsumura (1809 - 1896). Il n’y a pas de trace écrite de la transmission de ces techniques à Okinawa qui est le berceau du karaté tel qu'il est pratiqué aujourd’hui. Mais ce dont on est sûr c’est que ces techniques ont été importées en grande partie de Chine, la culture d'Okinawa étant encore plus sinisée que la culture japonaise. Les Okinawaïens avaient aussi des techniques martiales qui leur étaient propres, comme la rotation axiale du poing dans les coups de poing et les blocages. En 1409, le roi Sho Hashi unifie les territoires d’Okinawa et interdit la possession et l’usage des armes par crainte des révoltes populaires. Deux cents ans plus tard, soit en 1609, après l'invasion de l'île par le clan Satsuma, les armes sont encore confisquées par le nouveau gouvernement, japonais cette fois. Cette interdiction contraint les habitants à développer un mode de combat afin de pouvoir repousser les envahisseurs à mains nues. Pour ces raisons, les habitants d’Okinawa ont adapté les méthodes de combat chinoises reprises sous le nom de Okinawa-Te, (nom donné au "Tō-de" à partir de la 2e moitié du XIXe siècle, en réaction à la domination japonaise) en développant des techniques de combat à mains nues (sans armes). Te signifiant « main », Okinawa-Te signifiait donc les techniques de combat à mains nues d’Okinawa. Les facteurs de développement du karaté De nombreux facteurs ont permis le développement du karaté (initialement tō-de ou To-te (main chinoise) ou encore plus simplement appelé De ou "Te" par les Okinawaïens) : Les maîtres du karaté à Tokyo (années 1930). (En partant de la gauche :) Kanken Tōyama, Hironori Ohtsuka, Takeshi Shimoda, Gichin Funakoshi, Chōki Motobu, Kenwa Mabuni, Genwa Nakasone et Shinken Taira. les nombreux échanges commerciaux entre Okinawa et la Chine ainsi que le lien de vassalité qui reliait les rois d'Okinawa à la Dynastie chinoise ; de ce fait, de nombreux habitants de l'île sont partis étudier un art martial chinois, puis, de retour, l'ont adapté en l'incorporant à leur propre art martial ; L'installation sur l'île d'Okinawa, dans le village de Kumemura, de trente-six familles chinoises dans le but de faciliter les échanges culturels et commerciaux entre cette île et la Chine ; Le karaté s'est sans doute également développé sur l'île d'Okinawa en réaction à l'interdiction faite par les Japonais aux Okinawaïens de porter et de posséder des armes (après l'annexion au XVIIe siècle de l'archipel par le Japon et l'installation du clan Satsuma en 1609). Ainsi, les Okinawaïens utilisèrent leurs mains en guise d'armes. Deux grands courants principaux sont apparus liés aux deux principales villes d'Okinawa : Shuri (shuri-te) et Naha (naha-te). Un troisième courant (tomari-te) s'est également développé, combinant certaines techniques des deux précédents, mais malgré tout, plus proche du shuri-te, s'expliquant en partie du fait de la situation géographique de sa ville d'origine, Tomari, située entre Shuri et Naha. Du XVIIe siècle au XIXe siècle, du fait que la pratique de cet art était interdite par l'occupant japonais, les cours avaient lieu en secret, de nuit dans des jardins fermés. Il s'est « ouvert » au milieu du XIXe siècle grâce à Sokon Matsumura, héritier du shuri-te et créateur du Shōrin-ryū, qui fut le garde du corps personnel des trois derniers rois d'Okinawa, et entraîneur officiel de leur garde. Suite au choix fait par Shoshin Chibana, pour satisfaire la demande de Jigoro Kano (créateur du Judo), c'est Maître Funakoshi qui introduisit le karaté en 1922 sur l'archipel japonais en réalisant une démonstration devant l'empereur du Japon. Le développement des techniques du karaté et leur enseignement s'est fait aussi grâce à des maîtres tels que Sōkon Matsumura (1809 - 1896) ainsi que son principal disciple, son successeur Ankō Itosu (1832 - 1916). Ce dernier a développé une véritable pédagogie du karaté Shōrin-ryū, créant les cinq premiers kata de base (pinan shodan, pinan nidan, pinan sandan, pinan yodan, pinan godan), à partir de plusieurs kata d'origines, longs et compliqués dont, entre autres: kosokun dai (ou kushanku dai ou encore kanku dai en japonais). Il fut, en 1901, l'instigateur de l'introduction du karaté comme « matière » obligatoire dans le cursus scolaire d'Okinawa. C'est d'ailleurs pour faciliter son enseignement à de jeunes enfants qu'il a créé les Pinan. Ce fut Chōjun Miyagi, le père fondateur du gojū-ryū, qui présenta le premier l'examen officiel de Maître bushido devant les autorités du Dai Nippon Butokukai, organisme d'État japonais créé dans le but de contrôler tous les arts martiaux du pays. C'était la première fois qu'un Maître de karaté faisait cette démarche. Il obtint le titre de kyōshi (« maître »), le plus haut titre qui sera jamais donné à l'époque à un maître de karaté présentant cet examen. Grâce à lui, cet art martial faisait, en 1935, sa véritable entrée dans le budō japonais. La même année fut décidée l'adoption du terme de "Karaté" (dans le sens de "main vide") par l'assemblée générale des "Grands Maîtres d'Okinawa". Un an plus tard, en 1936, sans doute sous la pression du Dai Nippon Butokukai, Maître Funakoshi, après avoir modifié la forme et les techniques des Katas eux-mêmes, (pour sacrifier au développement du « sport -spectacle » de l'époque, permettant ainsi au public ainsi qu'à des arbitres néophytes de comprendre ce qui se passe en compétition) en a changé et le nom (de Naihanchi en Tekki, et de Pinan en Heïan, de la prononciation chinoise à la prononciation japonaise pour les mêmes raisons que celles citées plus haut) et l'ordre des Pinan, le premier étant devenu le deuxième et inversement. En parallèle du karaté, s'est développé le kobudō (combat avec des outils de la vie quotidienne, agraires ou autres ustensiles de cuisine faisant office d'armes : tonfa, nunchaku, bō, jō, saï...) : l’interdiction d’utiliser des armes à l'époque a été contournée par l’utilisation d’outils traditionnels. C’est ainsi qu’on retrouve parmi les armes traditionnelles d’Okinawa : le bō (le bâton de l’éleveur a multiples usages), le nunchaku (utilisé pour battre le blé, le riz), le saï (trident qui servait à faire un trou pour planter le plant de riz), le tonfa (manche de meule), l'eku (la rame de barque) L'école de Kobudo la plus connue dans le monde est du courant de maître Matayoshi